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Le site officiel de Nathalie Goulet, Sénateur du département de l'Orne-61

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Hôtel des Arts à Rémalard avec Reza le photographe iranien et Omayon Minoui

" La France n'est plus présente dans le offshore, alors que nous avons l’une des compagnies pétrolières les plus puissante du monde "

C’est sans doute la proposition la plus novatrice de ces derniers mois. Nathalie Goulet, sénateur centriste de l’Orne, part du principe que la France, qui a une compagnie pétrolière majeure, en l’occurrence Total, n’a pas d’entreprise spécialisée dans le forage et dans la création de plateforme offshore. Or, la demande mondiale est considérable.

Nathalie Goulet part aussi du principe qu’il existe un site industriel unique en Europe pour accueillir un tel projet, avec un savoir-faire unique, en l’occurrence le chantier naval de Saint-Nazaire. Elle vient donc de défendre un amendement visant à transférer un milliard d’euros du programme nucléaire de demain afin de financer la création d’un centre de recherche et d’innovation en matière de construction navale.

Il serait créé à Saint-Nazaire, au sein du chantier naval, «afin de transmettre un savoir-faire exceptionnel et ouvrir un département de recherche et développement», écrit l’élue de l’Orne, connue pour sa connaissance du dossier de la construction navale. L’élue plaide, depuis des années pour une diversification dans la construction de plateformes offshore en France. Nathalie Goulet nous présente son projet.

L’Hebdo-Bourseplus : Vous venez de proposer au gouvernement de transférer un milliard d'euros du programme nucléaire de demain pour créer à Saint-Nazaire un centre de recherche et d'innovation en matière de construction navale, mais aussi pour engager une diversification du chantier naval de Saint-Nazaire vers la création de plateformes offshore en France dans le domaine du pétrole. Comment avez-vous été amené à vous intéresser à ce dossier ?

Nathalie Goulet : J'ai une assez bonne connaissance des pays du golfe persique. Cette connaissance m'a permis de découvrir le marché du offshore et tout ce qui s'y rapporte. J'ai constaté que les chantiers étaient très surchargés dans le monde entier et que la France ne figurait pas parmi les producteurs de plates-formes pétrolières.

Il y a eu une expérience malheureuse à Brest il y a quelque temps, c'était une très bonne expérience sur le plan industriel, mais qui avait très mal cotée financièrement, mais c'était une réussite industrielle. Ce n'est pas parce que l'on commet une erreur une fois dans une branche d'activité qu'il faut s'arrêter.

En 2005, j'avais déjà un projet. J'avais rencontré Christine Lagarde qui était au commerce extérieur et nous avions travaillé sur une jonction entre la DCN et les Chantiers de l'Atlantique. Finalement, cela n'a pas fonctionné. Mais je n'ai jamais perdue espoir et j'ai publié plusieurs articles pour que la France se remette sur ce marché du offshore. Je trouve que c'est absolument dramatique de laisser un outil comme les Chantiers de l'Atlantique sans une solution de diversification que j'appelle de mes vœux depuis longtemps.

L’Hebdo-Bourseplus : Pourquoi avoir focalisé votre attention sur le site de Saint-Nazaire ?

Parce que c'est un bijou, un joyau, il y a une qualité technique unique, un savoir-faire extraordinaire. L'aspect technologique est absolument exceptionnel. Je suis élue dans l'Orne, le mandat impératif est nul, je suis élue de la République et, même si ce n'est pas mon département, je dois m'intéresser à ce dossier.

Pour moi, les Chantiers de l'Atlantique, c'est aussi un label qui est connu dans le monde entier et tout le personnel est absolument capable de travailler sur ce genre de plateformes comme sur de l'éolienne offshore. Pour moi, ce n'est pas une diversification de substitution, c'est une vraie diversification.

Les chantiers peuvent continuer à faire des grands navires comme ils le font d'habitude, mais en plus avoir une division offshore et une division éolienne et développement durable. Ce n'est pas incompatible, ce n'est pas une rustine, c'est une vraie diversification. Je pense qu'il ne faut pas compter sur des commandes d'État mais se tourner vers des marchés où nous ne sommes pas présents. Dans ce contexte, les chantiers de l'Atlantique sont tout à fait équipés pour faire cela.

L’Hebdo-Bourseplus : Est-il possible de faire cela avec la présence d'un groupe coréen dans le capital avec toutes les interrogations qui subsistent lorsqu'il s'agit de marchés stratégiques ?

Le fonds stratégique d'investissement a racheté 33,34% des parts, les salariés sont français, le savoir-faire est français et les Coréens ne sont pas maladroits non plus. Tout cela peut constituer un pôle tout à fait performant et innovant. Je ne vois pas du tout ou peut-être le problème.

L’Hebdo-Bourseplus : À travers votre amendement, vous nous rappelez qui n'existe plus rien en France dans le domaine du offshore pétrolier et qu'il y a donc une carte à jouer…

Effectivement, il n'y a plus rien.

Il y avait Bouygues Offshore qui a été vendu à des Italiens et il y a eu le GIE Brest Offshore qui avait construit une plateforme semi-submersible, qui avait connue un échec commercial mais pas technique. Si vous vendez 1000 quelque chose qui vous coûte 1000, forcément vous perdez de l'argent… Si on avait arrêté le programme Ariane à la première fusée qui n'avait pas fonctionné, on n'aurait jamais eu cette connaissance satellitaire. Là, le problème est différent.

La France n'est plus présente dans le offshore, alors que nous avons l’une des compagnies pétrolières les plus puissante du monde. En France, vous avez Total, vous avez les Chantiers de l'Atlantique, vous avez une société comme Technip qui travaille dans l’ingénierie pétrolière. Si vous n'arrivez pas à mettre bout à bout tous ces acteurs pour créer de l'emploi en France, c'est que nous ne sommes pas doués… Ou alors, il faut que l'on m’explique pourquoi cela ne fonctionne pas. Vous avez une compagnie pétrolière, en l'occurrence Total, qui est bien être obligé de forer à un moment ou à un autre. Le patriotisme économique, c'est quand même quelque chose qui doit fonctionner. En plus, nous avons le savoir-faire !

Je voudrais que l'on m’explique pourquoi on ne s’est pas mis autour d'une table pour régler une fois pour toute cette question. On pourrait au moins essayer !

L’Hebdo-Bourseplus : Vous êtes partis sur la somme d'un milliard d'euros. Pour quelles raisons ?

C'est basé sur rien, c'est basé sur le poste budgétaire du nucléaire de demain. Or, je préfère l'emploi d'aujourd'hui. Nous avons des éléments budgétaires et les lois qui régissent la pratique parlementaire font que l'on ne peut pas déplacer d'argent d'une mission à une autre.

Il me semble que le nucléaire de demain peut attendre un peu au profit de l'emploi d'aujourd'hui, plus particulièrement dans la construction navale.

En réalité, c'est un amendement d'appel. Je n’attends pas que le gouvernement supprime le programme nucléaire de demain pour faire un chèque aux Chantiers de l'Atlantique. Je voudrais surtout que cet amendement d'appel permette de mettre sur la table ce sujet et, lors de l'examen des dossiers sur le grand emprunt, que l'on fasse passer la construction navale en priorité. Je considère que ce grand emprunt ne peut pas se faire sans une contribution aux Chantiers de l'Atlantique.

Il y a un pôle recherche et développement qui est très important. Dans mon département, il y a Faurecia, qui est le leader mondial des sièges automobiles, et le triptyque gagnant c'est la production, la formation et la recherche et développement. Je voudrais que nous puissions avoir un triptyque gagnant de cette manière à Saint-Nazaire. Je compte bien me battre sur ce dossier.

Je travaille sur ce dossier depuis 2005, date de ma rencontre avec Christine Lagarde, et je ne suis pas une femme de renoncement.

Source: www.kernews.fr

 

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